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Texen mise sur l’avenir

Texen mise sur l’avenir

Ludovic Anceau dévoile ses objectifs pour Texen, le pôle luxe et beauté de PSB Industries, qu’il dirige depuis septembre 2017.

Vous avez scindé l’offre de Texen en trois divisions : Industrie, Beauty Partners et Innovation. Quels sont vos projets pour chacune d’elles ?

Texen est particulièrement bien implanté sur le marché industriel, avec un socle important dans la Plastics Vallée. C’est une société française qui s’est rapidement développée à l’international ces dernières années, avec d’abord le rachat de C+N Packaging (qui lui a ouvert le business américain et offert une usine en Pologne), puis l’acquisition de Topline Products (avec son portefeuille de produits standard et accessoires, ainsi que son réseau en Asie). Quand j’ai été nommé au poste de directeur général, j’ai souhaité renforcer le positionnement de ces entités sur leur savoir-faire respectifs.

Les pôles Texen Industrie et Texen Beauty Partners recouvrent deux métiers très différents qui travaillent ensemble, mais qui ne font pas forcément appel aux mêmes profils et savoir-faire. Il m’a donc semblé important de bien positionner la partie industrielle/technologique sur son métier de développement de produits spécifiques sur mesure, à fort contenu technologique et ensuite de repositionner Texen Beauty Partners (Topline) sur la recherche de partenaires, de nouveaux packagings et de solutions innovantes en termes de dispensing ou de full service. C’est notre source de produits standard pour les clients qui ne souhaitent pas investir dans les moules spécifiques. Les deux activités avancent en parallèle, et il y a une action commerciale concertée de manière à ce qu’on ait toujours des offres complémentaires à proposer.

Quelles sont vos priorités en terme d’investissement ?

L’investissement industriel suit les changements du marché : la réduction du time to market, les petites séries à différenciations retardées, la visibilité réduite sur les lancements… Tous ces éléments nécessitent une organisation renouvelée, dite « industrie 4.0 », qui dirige les investissements sur les nouvelles technologies : des lignes modulaires, polyvalentes, totalement automatisées et intégrées qui enchaînent l’ensemble des postes, incluant assemblage, décor et le vernissage, et qui permettent de traiter plus rapidement des formats et designs différents sur l’ensemble d’une gamme.

Chez Texen Mayet, notre entité spécialisée notamment dans le mascara et le lip gloss, nous démarrons actuellement la première ligne intégrée 4.0 autour d’une offre mascara très diversifiée, avec une capacité importante. Nous sommes attachés à l’esprit made In France, et le fait d’avoir été en pointe sur l’automatisation nous a permis de développer l’activité et de bénéficier de la tendance à la relocalisation.

Parlez-nous de la troisième entité, Texen Innovation.

Nous sommes en train de structurer la division marketing innovation. Nous mettons en place un système qui nous permet d’analyser et déployer des idées très rapidement : de nouveaux concepts, de nouvelles tendances (comme l’éco-conception), des projets de standards à lancer… L’important, c’est de faire une sélection rapide, afin de pouvoir tester les idées avec nos principaux clients. Ensuite, en fonction de l’appétence, nous orientons nos investissements sur ce qui aura le plus de sens à court terme, en sachant que ça change tout le temps ! Nous essayons de cibler la meilleure innovation pour chaque client, donc de proposer une offre sur mesure.

Le Texen Lab est à la fois notre bureau d’innovation et une mini-usine avec des ressources d’essais, le développement de tout type de produit et de décoration, l’injection particulière, l’impression 3D… Certains sujets qui sont ensuite dirigés vers nos usines. En ce moment, l’équipe travaille sur les applicateurs lèvres avec des projets communs entre Texen Beauty Partners et Mayet. Pour diriger cette cellule à l’esprit start-up, nous avons accueilli une nouvelle directrice, Émilie Bléton, chargée entre autres responsabilités de booster notre politique d’innovation.

Les indie brands ont-elles, selon vous, un impact sur l’innovation ?

C’est un sujet important pour Texen Beauty Partners (notamment aux États-Unis) car ces marques font relativement peu appel aux packagings spécifiques et optent plutôt pour des solutions clés en main. Nous suivons ces marques, très prometteuse, mais avec prudence, car il y a une certaine prise de risque, compte tenu des incertitudes de lancement liées au e-commerce. Nous observons aussi ces marques au niveau marketing car elles sont souvent précurseurs en termes de design et de formule. Pour nous, c’est important d’être attentif au marché pour mesurer les impacts sur nos segments traditionnels.

Quelle est votre position sur l’éco-conception des produits ?

C’est devenu un élément essentiel dans la construction d’un produit. Autour d’un brief, il est maintenant possible de développer plusieurs options qui sont plus ou moins éco-conçues en fonction de l’objectif du client. Actuellement, nous avons des plans d’essais sur des résines et sur des logiciels qui permettent de calculer le bilan d’éco-conception d’un produit en amont de sa création. L’éco-conception s’intègre de plus en plus dans les contraintes de développement et est en train de devenir un critère parmi d’autres.

Vous avez d’autres axes stratégiques pour les années à venir ?

Les ressources humaines sont une priorité. Nous avons lancé un plan de recrutement important dans les domaines technique, marketing et numérique et mettons en place une nouvelle entité de formation, l’École Texen. L’idée est de créer un vivier important de personnes auxquelles on pourrait faire appel pour l’industrie 4.0. Il y a un besoin accru pour des profils très jeunes et nous nous sommes progressivement coupés de cette jeunesse, à forte compétence numérique, dans certains domaines. L’objectif, c’est donc d’ouvrir à nouveau les portes de l’entreprise aux jeunes qui ont une formation et une culture différentes et de les intégrer pour former les collaborateurs de demain.

Alissa Demorest

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