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Le gainier Vaudaux sur la voie de la diversification

Le gainier Vaudaux sur la voie de la diversification

Spécialisée depuis 1908 dans les écrins, les coffrets et les malles, la société suisse Vaudaux a été reprise en 2010 par Philippe Belais. Celui-ci fait le point sur ses récents développements stratégiques.

Que pouvez-vous nous dire de votre métier, celui de la gainerie ?

C’est un métier d’art qui a pris son essor à partir du XIVème siècle.
À l’époque de François 1er, qui a beaucoup fait pour la corporation, il s’agissait de recouvrir de cuir des chaises en bois peu confortables. Aujourd’hui, il s’agit plus largement de recouvrir un objet d’une matière qui pourra aussi bien être un tissu Dormeuil, du jean ou même une feuille de pierre d’un millimètre d’épaisseur. Nous pouvons aussi proposer de la marqueterie de cuir et de peau sur des volumes non standard. Les techniques sont de plus en plus variées.

Comment vous organisez-vous pour la fabrication ?

Nous avons trois sites. Le premier, à Genève, est dédié à la pièce sur-mesure ou à la petite série. En plus des écrins, on peut y gainer des objets de décoration pour la maison. Il y a six ans, nous avons fondé en Thaïlande la société National Custom Packaging. Pourquoi la Thaïlande ? Parce qu’il y a là-bas une sensibilité au produit liée à la tradition de la taille des pierres précieuses, donc une main d’œuvre ayant le souci du détail. Enfin, nous avons ouvert en janvier 2018 un atelier en Espagne, Vaudaux Iberica. S’il le faut, notamment pour des questions de coût, nous pouvons travailler avec la Chine mais je n’ouvrirai jamais d’atelier là-bas.

Quelles sont les spécificités de votre nouvelle usine en Espagne ?

Elle est située dans la palmeraie d’Elche, qui est classée au patrimoine mondial par l’Unesco, en plein pays de la chaussure, ce qui fait qu’on y trouve une main d’œuvre familière du cuir. L’équipe que nous avons recrutée confectionne des écrins et des malles. C’est une adjonction importante, destinée à développer des marchés complémentaires et à soutenir nos productions genevoises. Avec un avantage coût très significatif car, entre la Suisse et l’Espagne, le montant des salaires et celui des loyers sont sans commune mesure.

Ce métier réclame-t-il d’importants investissements ?

La gainerie, cela regroupe six métiers au bas mot : menuiserie, couture, coupe du cuir, etc. Il faut donc chaque fois multiplier par six les investissements. Une machine à coudre ne coûtera que 10 000 ou 12 000 euros mais pour les autres équipements, on monte à 50 000 ou 100 000 euros.

Votre activité est-elle en croissance ?

Nous sommes en progression depuis 2012. Alors que nous n’étions présents que sur les marchés de l’horlogerie et de la joaillerie, nous pouvons nous rapprocher de ceux de la parfumerie et des spiritueux grâce à la Thaïlande et à l’Espagne. Cela représente aujourd’hui un bon tiers de diversification et cette diversification est porteuse de croissance.

Pascale Ruchon

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