Mona Oren : Cire féerique

L’artiste d’origine israélienne Mona Oren transforme la cire en une myriade de formes naturelles et aériennes.

Mona Oren a découvert tout le potentiel de la cire lorsqu’elle était étudiante à Paris. Cette matière devient très vite une évidence et sera omniprésente dans son œuvre créatrice. “J’ai été séduite par la cire dès mes premiers jours aux Beaux-Arts, se rappelle la sculptrice. Mon désir est de montrer que c’est un matériau noble, comme le bronze ou la céramique. Aujourd’hui, elle est encore perçue comme éphémère”, ajoute-t-elle. Mona Oren est attirée par cette nature double, entre état liquide et solide : “Mes œuvres reflètent cette dualité. Certaines sont vouées à disparaître, tandis que d’autres sont conçues pour durer et mettre en avant le caractère tactile du matériau. J’utilise également d’autres éléments dont le papier et le bois, mais je n’ai jamais retrouvé la même sensorialité que la cire”, explique-t-elle. Son credo : les formes organiques. Elle a notamment réalisé des feuilles de chou (elle a conçu un chou composé de 1 000 feuilles en latex pour son diplôme des Beaux-Arts), de nénuphars… ou une colonne de pétales très fins, alias Blossom, une œuvre exposée, en 2015, avec quelques-unes de ses créations au sein de la maison Guerlain. “Blossom illustre mon travail : il se compose de très fines feuilles de cire, qui ont été réalisées à coups de pinceau. Je peins la cire lorsqu’elle est encore liquide.”

Le luxe coulé en cire

Au-delà de ce travail personnel, Mona Oren collabore avec les maisons de luxe. Elle a notamment travaillé sur un projet mettant en scène le sac à main Lady Dior de la maison éponyme, tout en cire évidemment, et sur un service de table complet en cire blanche pour le traiteur Potel & Chabot. Pour les fêtes de fin d’année, elle a créé, pour Hermès, une vitrine “jardin glacé” avec des branches ornées de fruits suspendus en résine, en pâte à modeler et en cire avec des piles de boîtes en cire blanche couvrant le sol enneigé de cette nature morte végétale. Dernièrement, le chocolatier Maison Chaudun lui a donné carte blanche pour réaliser des vitrines pour les fêtes de fin d’année tout en cire, en bois et en papier. En 2015, elle a travaillé avec Guerlain sur un projet qui consistait à réaliser, en cire blanche, trois flacons emblématiques du parfumeur : Shalimar, Bee Bottle et L’Heure Bleue. D’apparence lourde, le flacon Bee Bottle façon cire est d’une légèreté étonnante : d’à peine un millimètre d’épaisseur, il est creux avec une ouverture à la base pour pouvoir l’allumer de l’intérieur. Mona Oren a confectionné un moule avec deux coques. Ces dernières se solidifient au contact de la cire liquide, le reste de la matière étant déversé hors du moule. Un exercice délicat pour lequel “tout est question de bonne température. Il faut également de la patience et des nerfs d’acier”, explique-t-elle.

Son côté puriste, on le retrouve à la fois dans l’utilisation du matériau utilisé, la cire blanche, mais aussi dans son travail sur la forme. “Généralement, je n’ajoute rien à la matière. La cire possède une translucidité innée qui se perd lorsque l’on ajoute des pigments.” Après avoir travaillé sur des sculptures en cire de formes différentes, elle se concentre désormais sur les feuilles qui composent ces mêmes sculptures. “Mon travail se base sur la finesse, la fragilité et la translucidité poussées à l’extrême avec un matériau qui ne semble pas, à première vue, posséder ces qualités.” C’est là que la main de l’artiste entre en jeu.

Alissa Demorest

Photos : Mona Oren, Christian Vigier

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