Formes de Luxe

Le magazine de l'emballage de luxe

Formes de Luxe

The Fortyniners, Luxueuse collaboration

01/12/2017

The Fortyniners, Luxueuse collaboration

Grâce à ses domaines d’expertise spécifiques dans le pack primaire et secondaire, The Fortyniners démontre une volonté de conquérir le monde du luxe. Nous avons rencontré les directeurs généraux des quatre entités qui composent ce jeune groupe français, dynamique et axé sur l’innovation.

Qu’est-ce qui a été à l’origine de la création de The Fortyniners et qu’apporte cha­que société à l’offre ?
Bruno Clamens : Nous avons ras­semblé nos forces pour regrouper nos domaines d’expertise. TNT Global Manufacturing, qui est dirigée par Thomas Diezinger en France et Toby Cattermole à Hong Kong, se concentre sur les composants en métal, et en particulier sur le zamak, pour le secteur des parfums et cosmétiques, ainsi que sur l’injection plastique et les coffrets rigides. PVL Beauté, dirigée par Jean-Stanislas Orlowski, s’est fait un nom dans le domaine des mécanismes pour rouges à lèvres et dans l’injection plastique. Murielle Frowein est la fondatrice et directrice de Promolib, spécialiste des articles promotionnels, y compris le coupé cousu, les coffrets en carton et les accessoires. Ces trois entités sont axées sur la parfumerie et les cosmétiques, alors que mon entreprise, Doogood, est présente dans le secteur des vins et spiritueux, plus particu­­liè­rement pour les produits lumineux
et les POS. Nous sommes les derniers arrivés dans le groupe. Par ailleurs, nous sommes tous actionnaires du groupe et même s’il y a des échanges de parts entre les entités, ils ne sont pas systématiques. The Fortyniners a des bureaux à Paris et Hong Kong et sa production se situe en Europe et en Asie.
Jean-Stanislas Orlowski : Pour l’instant, chacun en tant qu’entrepreneur a envie de vivre son entreprise à fond dans ses convictions, ses produits, ses forces et ses faiblesses en sachant que les Fortyniners est un vecteur de croissance.

Il s’agit d’un nouveau modèle dans le domaine du packaging de luxe. Comment évitez-vous la cannibalisation, en particulier dans le secteur de la beauté ?
B. C. : Ce n’est pas un problème, car s’il y a des recoupements au niveau des secteurs, nous avons chacun notre spécialité et notre savoir-faire. The Fortyniners est un pôle d’échange, de partage. En amont d’un projet, cela signifie échanger des best practices, en France et à Hong Kong, sur les par­tenaires industriels, l’ex­pertise des produits, les innovations, les tendances, les support d’ingénieurs et, bien sûr, communiquer sur les dévelop­pements en cours chez nos clients. Nous regroupons également les tâches adminis­tratives comme la logistique et la comptabilité.
Thomas Diezinger : Chez TNT, nous sommes spécialisés dans les moutons à cinq pattes : des projets complexes impliquant souvent plusieurs matériaux. Nous sommes experts dans le zamak, dans l’alu­minium estampé, l’inox et le plastique, et nous travaillons beaucoup plus avec les Surlyn qu’au­paravant. Lors de la création de TNT, nous nous sommes dits que nous ne ferions jamais de coffrets, mais cinq ans plus tard, nous réalisons avec ce segment plus de 8 % de notre chiffre d’affaires. Promolib fait des coffrets en carton ; nous c’est tout ce qui n’est pas du carton, notre premier projet étant un coffret pour By Kilian qui comportait un couvercle massif en zamak avec des côtés très droits. Ça n’aurait pas de sens d’envahir le territoire des autres  !
Murielle Frowein : Effectivement. Quand on parle coffret rigide, on parle d’injection plastique, de plans, d’ingénierie, donc c’est plus logique que TNT garde cette partie qui est plus de l’ordre de l’ingénierie. Chez Promolib la base est le carton, mais il peut être couvert de n’importe quel matériau : collé ou cousu. On a des matières de partout, ce qui n’est pas le savoir-faire de TNT. Même si chacun de nous a sa spécialité, nous rencontrons souvent les clients ensemble avec TNT et le matériau ou le processus de production choisi par le client détermine qui prendra en charge le projet.

Quelles sont les synergies entre vos sociétés pour un produit  ?
B. C. : Promolib travaille avec une usine chinoise spécialisée dans les articles coupés cousus pour le secteur de la beauté. Ce n’est pas un monde qui nous est familier chez Doogood, mais grâce à nos échanges, nous proposons désormais des gaines iso­ther­mes isolantes – en polyuréthane ou néoprène, par exemple –  pour les bouteilles de vins et de spiritueux. Nous avons donc rajouté une nouvelle compétence à notre offre qui nous ouvre une porte vers du business supplé­mentaire. À l’inverse, si Promolib veut créer un coffret en carton lumineux ou connecté, nous apporterons nos conseils dans ce domaine.
M. F. : Pour le parfum La Femme de Prada, TNT avait besoin d’une matière extensible pour recouvrir la coque en métal. Le cuir ne pouvait pas fonctionner et ce n’était pas le même prix. Ils ont la connaissance du métal, mais les PU ils ne connaissent pas : il y a des fines, des brillantes… nous avons apporté les échantillons et leur avons expliqué comment ça marche. C’est un procédé à part, que l’on appelle un “lab dip” : des essais qu’on utilise dans la promo qui sont fait dans le laboratoire. Ce sont des procédés que les autres du groupe ne connaissent pas forcément. Avec PVL Beauté, nous avons travaillé sur le développement d’un stick olfactif pour une marque de parfumerie en utilisant de la céramique de notre fournisseur, et la résine du fabricant de PVL.
J.-S. O : Nous avons cherché de nouveaux matériaux pour les bouchons des parfums car au niveau des process, le zamak est à maturité et le plastique aussi ; il fallait proposer quelque chose d’autre au marché. On s’est orienté
vers le transfert de tech­nologie de la résine coulée avec notre partenaire industriel italien qui travaille dans le secteur de l’habillement. Le matériau offre une richesse d’effets et un poids que le plastique ne pourra jamais reproduire. Il est aussi thixotropique, ce qui signifie que les différentes couleurs ne se mélangent pas lorsqu’elles sont en contact. La résine est coulée dans une structure en forme de tube d’environ 1,50 m de long, qui peut contenir jusqu’à six couleurs. Une fois le bâton extrait, il est découpé numériquement pour créer des bouchons ou des capots. La diversité des effets est impressionnante : bois, marbre, corne, nacre, ivoire… La résine peut aussi être métallisée ou l’objet d’une découpe laser ou d’un estampage à chaud. Cette solution peut être utilisée pour les flacons de parfums et les pots cosmétiques, mais aussi pour les bouteilles de spiritueux. C’est donc une
techno­logie que trois de nos quatre sociétés peuvent exploiter.

Quelle est votre stratégie industrielle ?
M. F. : Venant de plus grands groupes où il n’y avait pas de vrais partenaires industriels, nous voulions adopter une autre approche.
Toby Cattermole : Chez TNT, notre partenaire principal, spécialisé dans l’injection de zamak et dans l’usinage de moules, est basé à Shenzhen et nous travaillons selon la philosophie “same boat”, nous remportons ou perdons chaque projet ensemble. On ne se voit pas comme du trading, mais comme le bras armé commercial et marketing de nos partenaires industriels. L’ex­clusivité est réciproque ; l’usine prin­cipale fait 90 % de notre C. A. et inversement. Nous avons aussi des partenariats avec des usines au Portugal : l’une est spécialisée dans le métal, l’autre dans le plastique.

Comment appréhendez-vous l’innovation ?
B. C. : Chez Doogood, nous sommes très axés sur l’innovation dans la lumière et nous prenons une approche “think out of the box”, notre métier c’est le POS et le pack mais nous allons toujours regarder ce qui se passe ailleurs. Quand on a conçu l’étiquette électroluminescente pour Dom Pérignon, c’était une technologie inventée par General Motors dans les années 50. Il faut aller chercher des idées ailleurs.
J.-S. O : Notre travail d’innovation porte surtout sur les rouges à lèvres, que ce soit au niveau du mécanisme ou des embouts applicateurs. Les formules sont en train de se modifier avec des versions de plus en plus liquides qui demandent des ajustements sur des mécanismes existants – faire du back fill au lieu du top fill, par exemple. Je crois à l’hybridation des mécanismes ; le diamètre de 12,7 c’est bientôt fini. Un autre axe est la recherche de nouveaux matériaux, comme la résine, et la décoration sur le matériau. Au début, PVL Beauté est partie du transfert de technologie de l’industrie de l’automobile – ça c’était la base. On a été assez lents sur le marché, car le transfert de technologies fait peur, et aujourd’hui l’équation c’est de gagner du temps sur le développement car on doit coller aux demandes du marché.

Êtes-vous à la recherche d’au­tres spécialités à ajouter à votre palette de services ?
B. C. : Pour l’instant, nous avons beaucoup à faire et nous allons consolider
ce que nous avons. Par la suite, nous aurons peut-être besoin d’une expertise supplémentaire dans les cosmétiques.
M. F. : Il pourrait être complémentaire d’ajouter des accessoires métalliques décoratifs à notre offre : des pampilles, des perles…

Quels sont vos objectifs de développement ?
T. C. : Nous espérons travailler plus souvent avec les principaux acteurs de la beauté aux États-Unis et nous pensons ouvrir des bureaux à New York.
M. F. : Des accessoires en métal seraient intéressants, ça serait un joli lien. Pour Promolib, je veux déve­lopper notre clientèle dans la joaillerie et nous diversifier un peu dans la mode. Un autre axe est d’accroître la récurrence dans les commandes. Pour les parfums de niche, par exemple, le packaging prend énormément d’im­portance, et chaque parfum est présenté dans un écrin. L’avantage c’est qu’on sort du one-shot pour aller vers des commandes régulières.
B. C. : Nous étudions d’autres secteurs, comme l’horlogerie et la maroquinerie, mais uniquement dans le luxe. Nous avons récemment conçu des présentoirs pour les boutiques Paul Smith, en aluminium anodisé bronze.
J.-S. O. : Nous allons continuer à étudier les mécanismes de maquillage des lèvres, ainsi que de nouveaux matériaux. Est-ce que nous allons breveter nos recherches ? Les brevets ne servent à rien, je suis pour l’open innovation !

Propos recueillis par Alissa Demorest

Alissa Demorest

Formes de Luxe
1 /

The Fortyniners, Luxueuse collaboration

BRUNO CLAMENS, Président de Doogood

© Portrait 2.0 JEAN-STANISLAS ORLOWSKI, Président de PLV Beauté

MURIELLE FROWEIN, Présidente de Promolib

TOBY CATTERMOLE, Directeur général de TNT Global Manufacturing

THOMAS DIEZINGER, Directeur général de TNT Global Manufacturing

TNT a réussi à créer la bande de zamak encerclant bouteille Goldea de Bulgari en une seule pièce. Un défi étant donné les épaules du flacon. La solution a nécessité la conception de cinq coulisseaux latéraux. Promolib a réalisé le coffret présentoir et la pochette pour ce parfum.

Le seau à glace de Doogood pour Ruinart est un cube ouvert sur deux côtés. Composé de plusieurs couches de PMMA cristal. La partie seau, en PMMA injecté transparent, mesure entre 5 et 12 cm, une prouesse technique étant donnée la tension du matériau, et qui donne un effet loupe.

Les bouchons en zamak de la collection Portraits de Penhaligon's ont nécessité l'injection et une grande qualité de polissage sur des formes complexes.

Pour créer le talon en zamak, le défi pour TNT a été d'injecter un flux continu de matériau à une température appropriée et constante pour éviter les bulles d'air qui auraient donné des aspérités sur la surface.

Grâce à une technologie empruntée au secteur de l'habillement, PVL Beauté propose des bouchons et capots en résine qui peuvent imiter différents effets, comme la corne ou la nacre.

L'actualité formes de luxe

ABONNEZ-VOUS À Formes de Luxe

JE M'ABONNE
mars 2019 - N°129 mai 2019 - N°130 juillet 2019 - N°131