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Steklarna Hrastnik : Le verre en action

13/05/2019

Steklarna Hrastnik : Le verre en action

Le verrier slovène Steklarna Hrastnik est en plein développement : nouveaux marchés, création d’une verrerie “intelligente”, projets plus haut de gamme. Le directeur général, Peter Cas, dévoile la stratégie de l’entreprise pour les années à venir.

Steklarna Hrastnik était en vente l’an dernier. Qu’en est-il  ?

Oui, mais à la mi-octobre, notre propriétaire et le conseil de surveillance ont décidé de garder l’entreprise privée et d’appuyer notre stratégie de croissance.

En quoi consiste cette stratégie ?

Nous voulons donner un coup de pouce au segment haut de gamme et nous réorganisons nos équipes de vente et marketing afin d’atteindre davantage de marchés internationaux et renforcer notre présence en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Sur ces deux premiers marchés, nous ciblons la parfumerie ; aux États-Unis c’est plus les spiritueux. Nous produisons du verre extra blanc et il y aurait un manque de production de verre très haut de gamme aux États-Unis. Je pense qu’il y a de la place pour nous, surtout avec l’essor des distilleries craft. En France, Steklarna Hrastnik n’était pas assez bien représentée jusqu’à présent, mais nous y travaillons. Les verriers français tournent presque à capacité et les marques s’intéressent donc à un fournisseur capable d’offrir une flexibilité et des petites séries.
Notre business model nous permet aussi d’offrir des prix concurrentiels. Le coût des moules est un avantage : nos machines à six sections ne nécessitent que neuf moules, contre une vingtaine pour une machine
à 12 sections. Nous convenons parfaitement à une marque qui entre sur le marché : les marques craft dans les spiritueux et les marques de niche en parfumerie.

Qu’est-ce qui vous différencie de vos concurrents ?

Notre business model, qui est basé sur la qualité, la flexibilité et l’innovation. Nous sommes aussi capables de produire de petites quantités, à partir de 10 000 pièces, et pouvons travailler jusqu’à cinq produits différents sur une ligne.

Tous les verriers disent qu’ils sont flexibles, innovants ! Mais combien se chargeront d’un projet de 20 000  pièces ? Le marché penche dans cette direction. De plus, au cours des dix dernières années, nous avons acquis une expertise qui nous permet de multiplier le nombre de projets sur une seule ligne.

Combien pèse la parfurmerie dans votre chiffre d’affaires ?

Nous avons débuté en parfumerie en 2016, et c’est toujours moins de 5 % de l’activité. L’art de la table représente 25 % ; le reste est dédié aux spiritueux. Nous venons de confirmer l’arrivée d’un nouveau four pour 2021 et nous nous éloignons petit à petit des arts de la table. Notre four arrivera en fin de vie en 2023, et en 2021 nous déciderons si nous continuons, et si nous consacrons un four à ce secteur et deux fours au packaging. Il est sage de se diversifier. Le nouveau four aura une capacité de 150 tonnes, avec une flexibilité allant de 120 à 180 tonnes. Nous pensons installer deux lignes d’inspection et deux palettiseurs sur chacun d’elle pour augmenter cette flexibilité. Cet investissement s’élèvera à 50 millions d’euros, en plus des 25 millions consacrés à l’automatisation et à la digitalisation.

Parlez-nous de la digitalisation…

L’an dernier, nous avons organisé un atelier avec Siemens pour évaluer ce qui doit être fait pour devenir une “usine intelligente” en 2020. Cela s’est traduit par des projets d’unification et de raccordement de l’ensemble des systèmes de l’usine. Deux sont lancés. Le premier projet est la construction de réseaux pour connecter les machines entre elles. Le second consiste à unifier la plateforme Scada (les contrôleurs électroniques des machines) afin qu’ils puissent envoyer les mêmes données au système. Les bouts chaud et froid pourront communiquer avec la machine d’inspection en parlant directement à la machine IS. Une caméra située à l’extrémité du bout chaud peut alerter la machine IS sur la pression, la tem­pérature et la structure des paraisons, par exemple. Il s’agira d’un système d’auto-apprentissage. L’usine 4.0 est en train d’émerger dans l’industrie du verre, donc cette feuille de route est cruciale. Et comme nous avons un petit site, la mise en œuvre des changements est rapide.

Cela veut dire moins d’opérateurs ?

Pas forcément, mais une qualité et une productivité accrues. Les opérateurs seront plus orientés vers l’enseignement des machines. Nous implémentons également des robots d’écouvillonnage sur deux machines.

Vous investissez aussi dans un atelier de moulage.

Oui. Historiquement, nous avions un atelier de moulage en interne, qui a été externalisé. Il y a deux ans, nous avons décidé de fabriquer les pièces critiques du moule – qui exigent plus de savoir-faire – et nous avons investi dans des machines d’usinage CNC et nous avons des ingénieurs pour fabriquer des moules pilotes et des moules vierges en interne. L’ensemble est opérationnel avec les moules d’essai et nous souhaitons encore le développer. Nous nous penchons aussi sur l’impression 3D en métal, mais pour l’heure, nous utilisons la technologie pour les échantillons de produits.

Comment allez-vous renforcer vos capacités de décor  ?

Nous décorons surtout les produits d’art de la table, mais nous commençons avec le packaging en développant nos capacités en tam­po­graphie, sérigraphie, laquage… Pour l’instant, on ne peut décorer que des formes cylindriques, mais avec de nouveaux outillages, nous pourrons travailler des formes carrées. Pour les déco­rs plus complexes, nous nous appuyons sur notre partenariat avec Dekorglass.

Alissa Demorest

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© LOVRO ROZINA Peter Cas, directeur général

© LOVRO ROZINA

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