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Reboul creuse le sillon du 100 % métal

17-08-19

Reboul creuse le sillon du 100 % métal

Ayant fait un splash avec son rouge à lèvres rechargeable tout en métal pour la marque Lush, Reboul (Aptar) se dirige vers sur d’autres projets dans le domaine du sans plastique. Sandrine Bréchon, responsable innovation et développement, et Marc Cooper, P-dg, nous en parlent.

Quel a été le gros défi du rouge à lèvres Lush ?
Sandrine Bréchon : Pour ce qui était du niveau d’exigence en termes de qualité et de la conception d’un produit au look vintage, nous savions faire, mais un mécanisme tout en métal ? C’était plus complexe ! Comment faire un produit qui répond à nos standards de qualité pour offrir un rouge à lèvres qui fonctionne parfaitement, mais sans plastique ? Nous avons pléthore de produits qui datent de l’époque de nos grands-parents chez Reboul et,
eux, ils savaient tout faire avec le métal — pourquoi nous aujourd’hui on ne le saurait pas ?

En quoi le 100 % métal est un défi ?
S. B. : Mécaniquement le plastique permet de faire des mouvements plus facilement, et c’est plus simple de mouler des pièces plastiques en formes compliquées que d’emboutir le métal. Il fallait aussi le faire à un prix attractif.
À l’époque du tout métal on avait davantage de process manuels et l’on pouvait se permettre de faire des choses qui, de nos jours, sont plus difficilement industrialisables.

Et quel est le résultat ?
S. B. : C’est un produit d’une contenance de 4 g, comme pour un rouge à lèvres standard. Il a deux pièces d’habillage : le capot et la base qui sont les pièces noir en aluminium (dont 30 % de la matière est recyclée), et la pièce maîtresse en laiton. Cette dernière fait le décor car elle a un petit jonc qui apporte la touche dorée, et elle sert à clipser le capot grâce aux mini-godrons formés dans le métal pour la fixation du capot, et elle sert à faire monter le raisin.
Cela fait donc trois pièces. Ensuite, nous avons le curseur, là ou l’on vient mettre le produit, en deux pièces, la partie principale en laiton et le petit clou qui sert à faire monter le tout. Cela fait cinq pièces au total, ce qui est très faible pour un rouge à lèvres.

Et en termes de prix ? Est-ce plus onéreux qu’un mécanisme classique ?
Marc Cooper : Cela dépend à quoi on le compare. Comparé à un produit
mass-market tout plastique, il est évidemment plus cher, mais pas en comparaison avec un produit doté d’un capot, d’une base, d’un inter de capot, d’un inter de base, d’un leste et d’un mécanisme ! Après, c’est l’effet volume qui joue. Pour nous, c’est le juste prix pour un produit rechargeable que la consommatrice va garder longtemps.

Il y a un autre aspect du projet qui était intéressant : Lush nous a demandé de ne surtout pas jeter nos rebuts, mais de les conserver. Chez Reboul, nous avons des critères contrôle qualité très sévères vu que nous sommes dans le luxe, et nos clients n’acceptent pas le moindre défaut. Pour ce projet, Lush a une autre vision de la chose ; pour eux ce n’est pas cohérent de jeter la pièce entière dû à un minuscule défaut qui serait en toute probabilité invisible pour la consommatrice. Ils veulent éviter le gâchis et il fallait donc trouver le juste niveau.

La marque est aussi cohérente dans son discours en termes d’approvisionnement en nous disant, « si vous travaillez avec nous vous épousez notre cause ». Il y a donc une liste de fournisseurs et de matières premières avec lesquels on ne peut pas travailler : pas de résine de chez Monsanto, pas de colle, pas de silicone… On a su faire sans.

Le projet va-t-il inspirer des futures innovations chez Reboul ?
MC :
C’est un produit qui appartient à Lush, mais ça nous amène à bien d’autres réflexions : comment peut-on faire du tout métal un peu autrement ? Peut-on concevoir d’autres mouvements en 100 % métal ?

SB : L’axe tout métal est maintenant un peu plus précis chez nous, toujours dans le maquillage (le rouge à lèvres fait environ 85 % de notre production aujourd’hui). On doit travailler encore sur les mécanismes tout métal pour la distribution de formule et nous continuer à développer la plateforme rouge à lèvres à la fois sur le tout métal et sur la rechargeabilité.

Quelles sont les autres pistes d’innovation ?
SB :
On continue à plancher sur les décors (avec les effets de reliefs par exemple) et les techniques un peu particulier comme le l’impression métal en 3D, qui est une piste de travail pour des petites séries. Nous explorons cette technologie pour des formes qui ne sont pas emboutissables.

Quels sont les lancements innovants à l’horizon ?
MC : En janvier prochain, vous verrez arriver sur le marché un rouge à lèvres pour une marque de luxe qui fait appel à la totalité des savoirs faire de Reboul… mais l’instant nous ne pouvons pas en dire plus !

Alissa Demorest

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