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Quadpack gagne en force

08/10/2019

Quadpack gagne en force

Tim Eaves, P-dg de Quadpack, nous parle des acquisitions de Louvrette et d’Inotech et de l’avenir qui se profile pour le groupe.

Vous avez racheté Louvrette, fabricant allemand de pack primaire, le mois dernier. Pourquoi ce choix ?
Tout d’abord, nous souhaitions booster notre capacité de production en Europe pour atteindre plus de 33 % de notre activité (contre environ 12 % avant l’acquisition) et nous y sommes parvenus avec Louvrette. Dans les cinq ans à venir, nous visons une production européenne qui atteindra 50 % de nos ventes. C’est une question de durabilité et d’agilité, nous devons être bien plus rapides sur le marché et plus proches de nos clients, ce qui a également des répercussions sociales et environnementales, car en fabriquant localement nous améliorons notre empreinte carbone, mais nous créons aussi des emplois.

Cela dit, Quadpack restera une entreprise hybride – une société qui fabrique, mais qui fait aussi du trading – car cela nous donne de la flexibilité. Pour l’heure, l’équilibre idéal entre ces deux activités pour nous est d’environ 50/50.

En 2019, notre C. A. atteindra 130 millions d’euros, soit une augmentation de
25 %, due principalement aux acquisitions. Nous sommes passés cette année de 420 à 600 effectifs.

Louvrette apporte une expertise dans l’injection plastique à paroi épaisse et les produits airless.
Oui, grâce à Louvrette, nous avons renforcé notre portefeuille de soins, qui représente désormais 63 % de notre activité (23 à 24 % sont dédiés au maquillage, le reste à la parfumerie). Cela signifie aussi que la majeure partie de notre production skincare provient de l’Europe plutôt que de l’Asie.
D’un point de vue industriel, Louvrette opère deux usines dont une nouvelle structure de 6 500 m² sur un site de 27 000 m², ce qui nous offre une capacité de croissance non-négligeable.

Louvrette offre aussi une forte présence en Allemagne.
Quadpack a toujours été présent en Allemagne, mais il était difficile d’y augmenter notre part de marché. Aujourd’hui, le marché allemand est de la même taille que l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Italie. La France reste notre principal marché.

Vous avez également racheté une partie de l’activité de la société allemande Inotech cette année.
Spécialisée dans la transformation des plastiques, Inotech est une transaction moins importante, mais tout aussi passionante. Quadpack a racheté la division cosmétique (le portefeuille produit et la clientèle) ainsi que la license commerciale monde pour sa technologie de bi-injection par moulage-soufflage. L’activité principale d’Inotech est dans l’automobile et les composants techniques, mais leur business cosmétique avait du mal à se développer. Ce qui nous a particulièrement séduits, c’est l’excellence de l’ingénierie de l’entreprise en matière de transformation des matériaux et des plastiques. Les échanges entre domaines d’activités sont aussi enrichissants ; le milieu des composants techniques est très différent de ce que nous connaissons dans la cosmétique.

Louvrette et Inotech font-ils des recherches en matière de bio-plastiques ?
Oui, les deux entreprises ont fait un travail considérable avec le fournisseur finlandais Sulapac, et Louvrette est la seule entreprise à avoir été en mesure de produire un pot en Sulapac à l’échelle industrielle. Inotech produit également avec Sulapac, tandis que chez Quadpack nous expérimentons le liège, le ciment et la pierre.

Les marques adhèrent de plus en plus à des concepts de packs réutilisables. Quel sera l’impact sur votre business ?
Je le vois comme une opportunité. Puisqu’il s’agit principalement de systèmes de recharge, nous aurons l’occasion de concevoir des packagings plus luxueux qui seront “construits pour la durée”. Ce sera l’occasion d’une prémiumisation, ce qui pourrait compenser l’éventuelle baisse des volumes de production. Quadpack envisage également de produire des poches pour les recharges. L’une des technologies d’Inotech est justement un système airless
bag-in-bottle ; il est économique et très léger sur le plan des matériaux et peut être inséré dans un emballage extérieur plus haut de gamme.
Louvrette a mis en place un concept appelé Repack (recycler, réutiliser, remplacer et réduire). À l’avenir, chacun de nos produits devra respecter au moins une de ces conditions, sinon plusieurs.

Comment abordez-vous l’innovation chez Quadpack ?
Cette partie de l’entreprise est en cours de réorganisation, je ne peux donc pas en dire trop, mais avec l’arrivée d’Inotech et de Louvrette, nous allons constuire une équipe R&D à part entière.

Quadpack se prépare pour une introduction en bourse. Que pouvez-vous nous dire de plus ?
La société fera son entrée dans l’Euronext Growth dans les semaines à venir et une introduction en bourse suivra dans les deux ans. Nous voulons être parfaitement préparés en matière de gouvernance d’entreprise et de structure hiérarchique afin de saisir un projet d’expansion lorsqu’il se présentera. Pour l’instant, nous digérons les acquisitions que nous venons de conclure.
Quant à l’avenir, Quadpack regarde les États-Unis et l’Asie-Pacifique, avec comme but de produire pour les marques locales dans leurs régions.

Mais nous voulons garder notre esprit de ”petite-grande entreprise”. L’objectif n’est pas de devenir un monstre contrôlé par le capital-risque. Bien sûr, nous voulons être rentables, mais cette rentabilité doit être la conséquence d’un bon fonctionnement, elle ne doit pas être notre seul moteur.

Alissa Demorest

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Quadpack's Inotech beauty packaging range.

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