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Patrick Jouin, l’art de la surprise

Patrick Jouin, l’art de la surprise

Quand on lui demande de définir son métier, Patrick Jouin se dit “médecin

ou infirmier” et plus précisément “réparateur de la laideur”. Une définition qui cache un goût immodéré pour une certaine forme de perfection, où la surprise joue un rôle prépondérant. L’invité d’honneur du salon Luxe Pack 2014 est avant tout un dévoreur de matières.

Patrick Jouin a horreur du laid ! “C’est ma source de motivation principale, indi-que-t-il. Au début de ma carriè­re, j’avais établi une longue liste de tous les projets que je voulais accomplir. Aujourd’hui, je réagis à ce que je vois et j’ai bien souvent envie de réparer : le périph parisien, nos banlieues, l’industrie française qui s’écroule…” Pour autant, Patrick Jouin n’a rien d’un rêveur ou d’un utopiste. Ancré dans la réalité, il va vers les projets où l’on ne l’attend pas forcément. “Dans ma longue liste, je n’avais pas imaginé travailler un jour pour les stations­ Vélib ou encore pour les lumineux de taxis Gamma 7. Je me suis surpris, et mon travail en a sans doute surpris quelques-uns. Si c’est le cas, alors j’ai réussi”.

Designer au style dépouillé

Y aurait-il un projet dont Patrick Jouin soit particulièrement fier ? Pas vraiment, hormis la chaise Solid C1, créée en 2004, “parce que c’est la premiè­re chaise réalisée en prototypage rapide. Sinon, je ne suis jamais totalement satisfait de mon travail. Je vois toujours ce qui est imparfait, ce qui manque. Alors à chaque nouveau projet­, j’essaie toujours et encore de me rapprocher d’une certaine perfection. Et quand je vois que mon objet est touché­, apprécié, j’éprouve une réelle satisfaction, même si je ne suis pas complètement satisfait”. Car il est question aussi de sensualité dans le travail de Patrick Jouin, même si la plupart des observateurs préfèrent le reléguer dans la catégorie des “designers au style dépouillé”.

Pour s’en convaincre, il suffit de parcou­rir la liste de ses créations, depuis la Tarti’Nutella jusqu’aux haras de Strasbourg et à l’abbaye de Fontevraud (deux projets réalisés avec son comparse architecte Sanjit Manku), en passant par le mobilier pour Fermob, les emballages cadeaux du pâtissier Pierre Hermé, la boîte réali­sée pour le Grand cru Saint-émilion Montlabert, ou le travail d’identité de marque pour les champagnes Mumm. “J’aime la matière, toutes les matières. Je n’ai pas de prédilection particulière. Le matériau me convient à partir du moment où il correspond à ce que je veux exprimer”.

Quant à la création de packagings à proprement parler, il ne la conçoit pas différemment de la conception d’un objet. Avec toutefois une contrainte qui lui paraît de taille dans l’univers du luxe. “Si le vrai luxe consiste pour certains à pouvoir jeter des objets coûteux, pour ma part je veux que mes packagings soient conservés après leur premier usage. Ils doivent donc être beaux et utiles à la fois. C’est mon côté humaniste”. S’il fallait résumer le travail si prolixe et toujours sensible de Patrick Jouin, il ne faudrait surtout pas oublier l’acharnement qu’il met à réconcilier l’humain avec l’objet, en lui prodiguant surprise et plaisir, sans jamais oublier la petite touche d’élégance.

Agnès Delcourt

Ophélie Colas des Francs

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