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Impression 3D : L’Oréal monte en puissance

Impression 3D : L’Oréal monte en puissance
Studio Lenoir 0183819920

Pourquoi et comment le géant de la cosmétique aborde-t-il le monde de la fabrication additive ? Les réponses d’Anne Debauge, responsable de la transformation digitale des métiers du packaging et du développement au sein du groupe.

Quelle place tient l’impression 3D dans la politique du groupe L’Oréal ?

Elle fait partie du programme de transformation digitale entrepris par le groupe depuis deux ans.

Les besoins des consommateurs ayant évolué, il faut mettre les produits à disposition plus rapidement et donc développer des circuits plus courts, ce à quoi contribue la fabrication additive. Notre rôle est d’aider au déploiement des nouvelles technologies pour gagner en agilité dans le développement des produits et réduire de façon ambitieuse le time to market.

Comment L’Oréal met-il concrètement en œuvre cette technologie ?

C’est en 1993, dans son unité packaging des États-Unis, que le groupe a implanté sa première imprimante 3D (en technologie de dépôt de fils à l’époque) pour réaliser des maquettes en volume. Nous avons aujourd’hui six « 3D Lab » dans le monde : deux en France, au Japon, en Chine, en Inde et aux États-Unis. Un septième verra le jour au Mexique fin 2019.

Pourquoi multiplier ces investissements ?

L’Oréal est un groupe mondial qui doit aussi savoir offrir des solutions locales. Prenons l’exemple de l’Amérique latine où les formats de shampoing sont différents de ceux que l’on trouve en Europe : il est utile de pouvoir en tester l’ergonomie au stade de la maquette.

Quel gain de temps vous offre l’intégration de l’impression 3D ?

À partir du dessin de la pièce, nous pouvons l’imprimer en 24 heures. Avec un sous-traitant, le délai peut être d’environ une semaine du fait du temps de traitement et de transport.

En dehors des maquettes, faites-vous d’autres usages de cette technologie ?

Nous fabriquons des outillages à destination de nos usines pour les nouvelles références. Grâce à un partenariat avec Prodways, nous avons également mis au point des moules en résine qui nous permettent d’injecter en petites séries des pièces avec la bonne matière pour nos essais. Nous pouvons ainsi sortir en deux semaines une centaine de pièces qui nous permettront de faire des tests d’usage sur les fonctionnalités les plus importantes, comme celle de l’étanchéité. Il nous reste à déployer cette technologie plus largement au sein des équipes. En impression 3D métal, nous avons deux utilisations :
la réalisation de noyaux que l’on ajoute aux moules d’injection pour améliorer le refroidissement des pièces complexes et celles de plaquettes utilisées pour le compactage des poudres de maquillage au moment du conditionnement.

Avez-vous déjà mis sur le marché des packagings
fabriqués en impression 3D ?

Pas encore mais la production de masse est dans notre champ de vision dès cette année.

Du coup, l’impact écologique des matériaux d’impression 3D
va devenir un sujet important.

Effectivement, la volonté de L’Oréal est que 100 % de ses emballages soient d’ici 2025 recyclables, réutilisables ou compostables. Aujourd’hui, il n’existe pas pour l’impression 3D de matières recyclables chez le particulier offrant une qualité suffisante en termes d’état de surface. La poudre de polypropylène pourrait être une solution intéressante mais ce sujet est seulement en phase d’étude.

Un bilan écologique à améliorer, un process lent et coûteux…
De quoi freiner le développement de l’impression 3D ?

L’injection plastique aura mis 70 ans pour atteindre des cadences et des prix raisonnables et mettre au point des matériaux compatibles avec l’environnement. Même si nous ne sommes qu’aux prémices de la quatrième révolution industrielle, il n’en faudra pas autant pour l’impression 3D.

Cette interview est extrait de notre dossier, Impression 3D & Luxe, paru dans le numéro 129 de Formes de Luxe.

Pascale Ruchon

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