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GD Laser, L’art de la personnalisation

15/12/2017

GD Laser, L’art de la personnalisation

La personnalisation du pack gagne du terrain. Samuel Desprez, fondateur de GD Laser, et Céline Roussillat, responsable développement de produit et design, expliquent comment ils accompagnent le mouvement dans le secteur du luxe made in France.

Vous êtes spécialiste de la gravure par laser. Comment vous définissez-vous ?
SD : Comme un autodidacte passionné du laser. J’ai débuté ma carrière comme tourneur fraiseur. J’ai ainsi appris à mélanger la matière et l’outil et j’ai observé comment se comportait la matière face à un outil coupant. Aujourd’hui, je dispose d’un algorithme dans la tête que j’utilise pour le laser. Sans être un labo, GD Laser dispose de toute la palette de longueurs d’ondes existante (de 266 nanomètres pour aller jusqu’à 10 400) qui nous permet de travailler toutes les matières. Par ailleurs, nous sommes les seuls à pouvoir proposer une finesse qui varie de 10 à 50 microns de faisceau. Il n’y a pas d’outil plus fin que le laser. Cette technologie présente également un atout écologique car elle ne nécessite pas de consommables. Un laser représente environ 70 euros d’électricité par an, c’est une source propre. J’ai créé GD Laser en 2006. Notre première gravure pour le marché du luxe a été réalisée pour un flacon de Jean Paul Gaultier, en 2008.

En quoi la technologie du laser peut-elle intéresser les marques de luxe ?
CR : Elle nous permet de personnaliser à la fois une matière aussi fine qu’un carré de soie ou un pétale de rose, et des matières aussi épaisses que les métaux ferreux, non ferreux, argent et or… jusqu’à la découpe d’une plaque de Plexi mesurant 20 mm d’épaisseur. Sans parler de la panoplie de matières souples telles que les textiles et les cuirs. De plus, graver symbolise un acte ancestral et renvoie, dans le cœur de beaucoup, à la gravure du marbre, de la pierre…Tout un symbole !

Vous travaillez aussi des matières volatiles comme les poudres ?
SP : Oui, en partenariat ave Orléans Cosmétiques, nous développons des poudres spécifiques qui vont réagir avec le laser. Nous utilisons, selon les types de poudres, différentes longueurs d’ondes pour souligner un décor, mais aussi travailler les matières plus solides, telles qu’un raisin de rouge à lèvres ou la silicone.

Disposez-vous de technologies qui vous sont propres ?
SD : Nous sommes à la recherche de technologies de rupture telles que notre « Blanc GD Laser » : cette innovation a été spécialement conçue pour les matières anodisées. En effet, le blanc appliqué par sérigraphie ou par tampographie n’adhère pas aux surfaces anodisées. Nous avons trouvé une technique qui nous est propre avec un point de fusion qui permet de faire du blanc et qui résiste à tous les protocoles de contrôle tels que les tests d’acidité, d’UV, etc.

En quoi consiste votre stratégie de développement ?
SD : Nous avons choisi de développer le laser et l’impression numérique, deux outils de production adaptés à la personnalisation. Le lancement de bouteilles de Coca Cola arborant des prénoms a généré du buzz autour de ce concept de personnalisation, alors que pour nous, l s’agit d’animation et non de personnalisation. Il y a une confusion entre les deux notions. La personnalisation a un sens, c’est un message que l’on veut transmettre, un surcroît d’émotion. Attention, nous faisons également de l’animation à travers, par exemple, des séries de rouges à lèvres avec 2 000 décors d’une sorte et 500 d’une autre. à ne pas confondre avec la personnalisation.

Comment développez-vous cette personnalisation ?
SD : C’est la mission de notre service de gravure à travers des sites e-commerce, dont celui de Sephora. Ces derniers permettent au consommateur d’acheter un parfum et d’apposer un message gravé sur le flacon. Pour Sephora, nous avons développé un process qui est chez le logisticien, mais pour d’autres marques sélectives nous réalisons le décor chez nous. Cela implique bien sûr un cout pour la marque, mais aussi une réelle plus-value.

Quels sont vos projets en cours ?
CR : Suite au développement du service gravure cité précédemment, les marques nous ont demandé ce que l’on pourrait faire pour les magasins off-line. Nous avons imaginé une borne de gravure personnalisée baptisée La Markeez destinée aux magasins ou aux évènements, dont le prototype a été lancé en juin 2016. Aujourd’hui, elle a remporté un vif succès dans les pop-up stores des parfums Armani. Mi-septembre, nous faisons un autre grand lancement avec la marque, mais qui reste encore confidentiel. Le concept est actuellement présent en France et sera déployé à l’international en 2018 pour le compte de grands groupes cosmétiques.

Comment fonctionne La Marqueez ?
CR : Après l’achat de son produit, le client est redirigé vers la borne où il sélectionne le produit acheté sur une tablette. Ensuite, il tape son texte avec images s’il le souhaite (émoticons ou images de la marque). Sinon, des textes prédéfinis sont disponibles. Le produit est déballé et positionné dans La Markeez et, en un clic, le message est gravé en quelques secondes.
SD : Au-delà de ces innovations, il y a toujours la notion de l’utilisateur final et la question de savoir créer de l’émotion avec nos outils en privilégiant la qualité.
Comment la borne va-t-elle évoluer ?
SD : Nous travaillons actuellement sur l’habillage esthétique
du mobilier pour qu’il devienne une réelle PLV avec vidéo intégrée. Une Markeez aux couleurs d’Armani à l’extérieur, par exemple, avec des vidéos de la marque à la demande.

Vous proposez aussi une offre pour coffrets personnalisés ?
SD : Oui, l’idée est de prendre un coffret sans décor que le consommateur pourra remplir à son gré avec les produits qu’il souhaite. Il peut en choisir jusqu’à cinq. Nous allons pouvoir personnaliser le coffret à l’effigie de la marque puis y apposer un message (en couleur ou par gravage laser). Le calage intérieur sera découpé à la demande par rapport au nombre de produits à caler et les produits seront aussi personnalisables : parfums, maquillage, bracelets de montres… Tout est donc « neutre » au début de l’opération et unique à la fin : coffret, calage et produits. Cela réduit, en plus, le nombre d’invendus pour les marques. Ce système sera piloté par le biais du e-commerce pour les fêtes de fin d’année 2017.

Avez-vous d’autres innovations en gestation ?
SD : Nous travaillons déjà sur les décors intérieurs sur verre pour des flacons de parfum de luxe. Nous usinons le verre puis nous effectuerons du remplissage avec diverses matières précieuses: or, argent, émaux… Ces projets seront réalisés en interne.
CR : Nous privilégions le marché cosmétique de luxe étant donné la forte demande. Néanmoins, nous avons aussi été sollicités par les marques de spiritueux pour la gravure de bouteilles de champagne ou de flûtes. Une partie de notre offre sera déterminée par l’évolution du marché du luxe que nous voyons s’orienter vers « l’ultra-luxe ».

Alissa Demorest

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CÉLINE ROUSSILLAT, Responsable développement de produit et design

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