Formes de Luxe

Le magazine de l'emballage de luxe

Formes de Luxe

Axilone : vers un nouveau cap

Axilone : vers un nouveau cap

Avec le soutien de ses nouveaux investisseurs chinois, Citic Capital, depuis fin 2017, le spécialiste en composants métal et plastique ouvre un autre chapitre de son histoire avec une approche inédite de l’innovation. Rencontre avec Laurent Chevallier, P-dg, Philippe Cruau, directeur des opérations industrielles et Reynald Trochel, directeur innovation.

En quoi le changement d’actionnaire aura-t-il un impact sur votre développement ?   

Laurent Chevallier : D’abord, au-delà de ce changement d’actionnaires, la première chose que l’on souhaite réaffirmer, c’est la continuité du projet d’entreprise et la stabilité des équipes. Ce changement n’induit aucune modification sur le cœur de notre métier, qui reste la conception et la fabrication de packaging primaire spécifique dans le segment premium à destination des marchés parfums, soins et maquillage. Nous sommes spécialisés dans le métal et le plastique – notre core business ne change pas. Ensuite, Axilone ayant connu un développement plus rapide que le marché lui-même ces quatre dernières années, notre première mission est de consolider ce qui a été fait et de continuer à progresser sur nos principales catégories de produits : les capots et les rouges à lèvres. Quant au changement d’actionnaire, il est un fait qu’il nous fait repartir sur un horizon de temps plus long, ce qui nous offre de la visibilité et nous permet de bâtir un plan stratégique de plus long terme, et donc plus ambitieux.

Le profil asiatique de Citic Capital renforce donc vos ambitions en Asie ?

L. C. : Indéniablement, l’identité de notre nouvel actionnaire est un atout. Compte tenu du rôle que joue l’Asie dans la croissance actuelle et à venir, et au-delà de notre propre implantation industrielle, le fait d’avoir un actionnaire avec un ancrage asiatique fort nous aide : déploiement accéléré de moyens commerciaux, sensibilité plus fine aux attentes des marques locales. C’est une veille plus efficace et un dispositif renforcé à destination de ces marchés. Il est impératif d’apporter en Asie des réponses et des solutions sur l’ensemble de nos catégories de produits à nos clients historiques, et à l’ensemble des acteurs régionaux ou nationaux.

Comment allez-vous y répondre industriellement ?

Philippe Cruau : Notre campus industriel en Chine s’est beaucoup développé, avec la construction d’un deuxième site en 2017 – près du site historique de Shangyu – et l’acquisition cette année d’une troisième entité de production offrant une forte expertise dans les capots. Nous pensons que le groupe est très bien placé pour capter les besoins dans la région. Ces dernières années, notre succès s’est nourri des investissements réalisés dans nos processus industriels. Aujourd’hui, l’amélioration de nos moyens industriels et de nos savoir-faire restent la priorité : en Espagne, notre unité de production européenne spécialisée dans le métal, très automatisée, sera agrandie pour augmenter sa capacité.

Une deuxième ligne d’anodisation automatique y sera installée dès 2019. Nos deux sites français (en Bretagne), dédiés à l’injection plastique et ses activités connexes (traitement de surface et décoration) seront également renforcés.

Axilone n’a pas d’outil industriel en propre en Amérique du Nord. Avez-vous des projets dans la région ?

L. C. : Sur place nos équipes mènent le business en s’appuyant sur nos moyens de production existants et couvrent en local le développement produit, la qualité et la logistique. Côté industriel, c’est quelque chose que nous regardons ; comme dans l’ensemble de nos projets de développement, la situation géographique est un critère. Il faut en effet qu’il y ait une cohérence entre nos moyens et nos marchés cibles. 

Quid du besoin d’automatisation face à la demande de time to market raccourci ?

P. C. : L’automatisation est un processus d’amélioration continue, donc jamais achevé. L’obsolescence technique nous contraint en effet à nous rééquiper en permanence ; il en est de même du renforcement des demandes en matière de lead time, qui s’applique à tous nos sites de production. Les exigences en termes de réactivité sont clairement affichées comme un facteur clé d’attribution de business, en particulier pour le maquillage. Il était donc primordial pour Axilone d’initier des processus permettant de réduire le temps de développement – surtout sur les produits qui impliquent systématiquement la conception et la mise en place d’outillages nouveaux. Notre intégration industrielle est à ce titre un précieux atout : internaliser les métiers et les process facilite une mobilisation rapide des capacités de production et réduit les délais de réponse. Un deuxième axe est de rendre notre supply chain toujours plus réactive : de la conception produit qui per-mettra une différentiation retardée et donc plus de flexibilité à l’optimisation de l’approvisionnement.

D’autres leviers existent, comme offrir le choix entre des solutions plastique et métal – pour lesquelles les temps de création et de développement ne sont pas les mêmes. Nous remarquons aussi que le fait de produire un effort intellectuel dès la conception produit pour anticiper la chaîne logistique est généralement payant. Opter pour des matériaux dont les temps d’approvisionnement sont longs aura forcément des conséquences sur l’ensemble du projet. C’est pourquoi il faut s’en préoccuper suffisamment tôt. Plus nous travaillons en amont aux côtés de nos clients, plus nous serons pertinents dans nos propositions pour faire naître des concepts performants, des designs novateurs et des lead time réduits.

Pouvez-vous nous parler de votre approche vis-à-vis de l’innovation ?

L. C. : En parallèle de notre focus sur l’Asie et l’amélioration de la performance de nos usines, le troisième axe de développement est l’accélération de l’innovation. Axilone est, me semble-t-il, perçu comme un partenaire innovant dans le contexte des demandes que nous adressent nos clients. Nos efforts sont aujourd’hui dirigés de sorte à savoir passer de l’approche pull au push : du réactif au créatif. Nous avons donc réorganisé nos processus et les équipes, en y mettant plus de moyens, afin de proposer proactivement des conceptions, matériaux et décors qui aideront les marques dans leur construction d’image.

Reynald Trochel : L’innovation est la rencontre des idées et de leur marché. Dans ce but, la première étape est la collecte des données sur des axes stratégiques définis, sur des technologies existantes ou émergentes. Après la genèse des idées, l’élaboration de concept autour de ces dernières, puis la preuve de faisabilité, vient la promotion du projet d’innovation pour la transformer en business.

L’équipe multicompétence, multi-marché, multimétier et multisite est constituée de personnes de l’entreprise qui agissent en qualité de référents : des experts métiers, des experts business sur les solutions de bouchage et de maquillage, et une chargée de communication pour créer un lien entre cette équipe et nos clients. En parallèle, nous avons mis en place un comité de pilotage innovation chargé de valider les données entrantes et chaque étape des projets. L’idée d’avoir ce maillage d’expertises différentes nous ouvre une vision à 360° de l’innovation, un écosystème qui peut proposer
des projets clés en main.

P. C. : Dans d’autres industries il y un “takt time” d’innovation, autrement dit un rythme d’innovation. Une entreprise peut avoir de la réactivité et de la créativité, mais il faut qu’elle trouve son rythme. Nous travaillons donc à trouver le nôtre.

Quels sont vos axes de travail en matière d’innovation ?

R. T. : Nous avons scindé les demandes de nos clients en trois axes : les solutions avancées (nouveaux concepts, nouvelles gestuelles, contenants, mode de distribution et process associés) ; le développement des sens (le travail sur le toucher, la sonorité et la vue) et l’attitude éco-responsable (un travail sur les matériaux et les process permettant une réduction de l’impact environnemental ; matériaux recyclées, biosourcés, recyclables, etc.).

Et quelques projets récents qui ont vu le jour?

R. T. : Le rouge à lèvres étanche en est une. Elle fait suite à une demande forte du marché pour les formules qui contiennent de moins en moins de conservateurs. C’est donc au pack de préserver le produit. L’utilisation de produit de décor sans solvant – du laquage à base d’eau, par exemple – en est une autre ; et dans la même veine éco-responsable, l’utilisation de plastique recyclé. L’installation sur nos sites de centrales de recyclage des eaux de process est également une nouveauté. De manière générale, chaque site pilote des innovations, qui sont ensuite partagées et déployées sur nos autres sites.

Cet article est extrait du n° 127 de Formes de Luxe.

Alissa Demorest

Formes de Luxe
1 /

Axilone : vers un nouveau cap

Nomade de Chloé

Toiletries Les Eaux de Chanel

Rouges à lèvres Yves Saint Laurent

L'actualité formes de luxe

Nos articles les plus populaires

-
Spiritueux : les tendances qui se profilent
-
Axilone : vers un nouveau cap

ABONNEZ-VOUS À Formes de Luxe

JE M'ABONNE
Septembre 2018 - N°126 Novembre 2018 - N°127 Janvier 2019 - N°128