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Le Groupe Alkos voit loin

29/03/2018

Le Groupe Alkos voit loin

Philippe Pavageau, Pdg du Groupe Alkos depuis juillet 2017, dévoile ses projets et explique l’importance du made in France dans les domaines de la formulation et du full service.

Comment se porte le groupe ?

Alkos a connu une forte croissance ces dernières années – le chiffre d’affaires est passé de 36 M€ en 2012 à un peu moins de 60 M€ en 2016. Dans le passé, la société était plus axée sur le conditionnement à façon, la sous-traitance et le remplissage classique pour des donneurs d’ordres. Mais, au fil des années et avec la constitution d’une équipe marketing forte, le groupe s’est transformé en développeur de formules. Aujourd’hui, 95% de notre activité proviennent de la vente de nos formules, dont nous assurons également le remplissage.

Comment se répartit votre activité dans les trois divisions du groupe ?

L’activité d’Inter Cosmétiques, qui représente 60 % du chiffre d’affaires du groupe, est dédiée aux soins (à hauteur de 30 %) et au maquillage (30 %). Alkos Cosmétiques, dont l’offre porte uniquement sur les crayons, est aux alentours de 30 % et Sagal Cosmétiques (savons et sticks déodorants) à 10 %. Nous avons donc 60 % de notre activité dans le maquillage, 30 % dans les soins et le reste dans l’hygiène.

Quelles sont les tendances du marché et comment y répondez-vous ?

En soins et maquillage, on assiste à un véritable engouement pour la naturalité. C’était auparavant une demande des marques de niche, mais maintenant le consommateur final demande de plus en plus de produits certifiés. En makeup, les tendances oscillent entre les effets mats et les glossy, mais la longue tenue reste indétrônable. Le besoin de performance et de tenue accrues conduit à développer des ingrédients nécessitant des emballages étanches. Ceci rend encore plus complexes la formule, le composant qui va la recevoir, tout comme les techniques de remplissage.

Notre but chez Alkos, c’est d’être le spécialiste du chauffé coulé, autant dans la fabrication des rouges à lèvres que des crayons plastique. Si vous prenez un mascara ou un parfum, la technique de remplissage est relativement simple. Mais dans le process de fabrication d’un rouge à lèvres, on doit avoir une formule performante, ainsi qu’un packaging fonctionnel qui garde intactes les propriétés de cette formule. Être à même de couler la formule à une température suffisante dans l’emballage primaire puis, une fois refroidie, obtenir l’état de surface, l’aspect et les caractéristiques mécaniques qui feront que le produit sera agréable à utiliser et résistera dans la durée, cela réclame un savoir-faire. Et c’est ce savoir-faire qui nous différencie.

D’autres priorités ?

Nous souhaitons renforcer et pérenniser la filière maquillage française. Dans ce cadre, nous nous sommes associés avec le groupe RPC pour la fabrication des rouges à lèvres chubby. Au lieu d’importer des produits d’Asie, nous avons développé un outillage et une ligne d’assemblage qui permettent d’avoir des prix compétitifs et des emballages plus qualitatifs car étanches. Grâce aux chaînes automatisées, les coûts sont compétitifs face aux opérations manuelles réalisées en Asie. Les lead times sont réduits de huit à dix semaines et les délais pour faire des contretypes de teintes sont beaucoup plus rapides. On se retrouve avec un produit 100 % made in France. On passe de la globalisation à la régionalisation !

Y a-t-il des segments de produits qui vous manquent dans votre offre ?

En termes de maquillage, nous ne sommes pas présents dans les poudres, mais c’est un tout autre métier ! Aujourd’hui, on regarde ce segment, mais compte tenu de l’augmentation des capacités liées à notre nouveau site industriel, nous pensons avoir des perspectives de croissance sur nos métiers historiques.

La nouvelle usine est dédiée au maquillage ?

Nous avions deux usines distinctes à Angers et un opérateur logistique mais nous n’avions plus de possibilité de nous développer. Nous avons donc investi environ 10 M€ pour réhabiliter une usine de Valeo de 16 000 m2. Ce site fabrique maintenant nos produits cosmétiques (maquillage et soins) avec l’intégration de la logistique, d’ateliers de fabrication state of the art et de conditionnement. En outre, nous avons une petite unité pour Sagal et une usine pour la production de crayons à Boulogne-sur-Mer, où nous avons investi massivement dans des nouvelles technologies ces dernières années pour les crayons en bois, plastique et mécaniques rétractables.

Quelles sont vos prévisions pour l’année 2018 ?

En 2017, nous avons observé un léger ralentissement. Donc, en 2018, on s’attend à une croissance d’environ 10 %, essentiellement au deuxième semestre. L’année se présente plutôt bien sur un segment de marché qui se porte bien !

Alissa Demorest

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