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Albéa affiche ses ambitions durables

24/09/2019

Albéa affiche ses ambitions durables

Pour Albéa, l’année 2019 semble marquer un tournant en matière de développement durable. En juillet, le groupe français a publié son premier rapport sustainability. Il est maintenant membre de la fondation Ellen MacArthur signalant qu’à terme 100 % de sa production sera réutilisable, recyclable ou compostable et a rejoint le programme SPICE cet été. À Paris début septembre, Albéa a dévoilé les cinq lignes directrices de sa stratégie durable : Reduce, ou la réduction de la matière première ; Re-use, la conception de packagings pouvant accueillir recharges ou refills ; Recycle ; PCR (en 2025 Albéa mise sur 10 % de sa production fabriquée en matières post-consumer reycled) et Matières Bio-sourcées. Gilles Swyngedauw, vice-president marketing, innovation & sustainability, partage avec Formes de Luxe sa vision du sujet.

Selon vous, le plastique restera essentiel dans le pack, même dans le luxe ?
C’est l’utilisation du plastique qui est le problème et non pas le plastique en soit. Le packaging dit « responsable » peut très bien se marier avec le plastique car il s’agit là d’un matériau d’avenir : il est léger, durable et très versatile, il offre des propriétés protectrices hors pair, sa production est low-carbon et économique. Néanmoins, chez Albéa un travail est en cours pour progressivement éliminer certains polymères dont le POM, le SAN, et l’ABS.

Le recyclage est l’une de vos priorités ?
Notre priorité c’est de rendre les plastiques recyclables dans les circuits municipaux ; en France, par exemple, aujourd’hui on ne recycle pas plus de
25 % du plastique. Mais nous voyons aussi la mise en place d’autres systèmes de recyclage tels que le « back to store » où les marques feront revenir leurs consommateurs au point de vente pour déposer leur pack, et là on aura une autre vision de la qualité.

Tout doit être pensé de manière systémique et coller impeccablement : du fabricant de matière première jusqu’au re-utilisateur. La question n’est plus « est-on recyclable ? », mais « où va se trouver notre produit dans l’avenir, sous quelle forme ? ». Aujourd’hui, le défi c’est d’être recyclable mais demain ça sera le downcycling : comment l’emballage peut perdre le moins de valeur possible, ou le upcycling : comment remonter sa valeur le plus haut possible. Ce qui est étonnant, c’est que tous les produits que l’on vend ne valent plus rien après utilisation.

Concernant les matières bio-sourcées, nous favorisons ceux issus de déchets « food grade » et non pas fabriqués à partir d’ingrédients alimentaires tels que le sucre ou le maïs.

Vous dites avoir sécurisé un volume de PCR vous permettant d’en intégrer jusqu’à 10 % dans vos emballages pour les trois prochaines années…
En effet. Mais il ne faut pas oublier que ce n’est pas uniquement une question de volume, bien qu’au moment où tout le monde va se réveiller il y aura un problème de quantités. Le gros souci actuellement c’est de pouvoir s’approvisionner en PCR de bonne qualité. Chez Albéa, nous essayons de nous rapprocher le plus possible du food grade. On sait ce qu’on achète quand on achète la qualité alimentaire, mais il faut pouvoir identifier les recycleurs qui séparent ces emballages du reste. Et les filons d’or il n’y en a pas beaucoup, donc il faut être dessus très vite.

PCR et luxe, est-ce compatible ?
Le PCR a indéniablement ses limites : il n’est pas aussi blanc que du naturel et dans le luxe cela peut poser problème vu les niveaux de qualité élevés requis. Mais pour le luxe, je suis convaincu que nous allons plutôt vers du reuse ;
nous devons changer les usages de certains packs. Il ne s’agira plus de simples emballages, mais d’objets à réutiliser le plus possible afin de rendre le pack encore plus qualitatif. Je prends souvent l’exemple du stylo Montblanc : un objet que l’on garde à vie.

Si la plupart des packagings ont une vocation réutilisable, l’impact sur votre business modèle sera non-négligeable.
Nous voyons le problème d’une autre manière : on fera peut-être moins de quantités, mais les packagings ne seront pas les mêmes, ils seront plus robustes, voir réparables. Cela va être disruptif, mais vu que cela doit arriver autant être moteur et développer les choses qui font sens pour nous et pour le marché !

Vous avez récemment rejoint le programme SPICE.
Oui, il y a un mois. Quand on a su qu’ils allaient aborder le recyclage on s’est dit qu’on était pas mal avancés, et donc que c’était important de pouvoir expliquer comment nous travaillons. On sait très bien que tout seul on ne fera rien.
La fondation Ellen MacArthur dit toujours que c’est un système entier que l’on doit bâtir et pas juste des pièces.

Chez Albéa nous avons des road maps sur cinq ans : à terme, il n’y aura plus de pertes, on recyclera pratiquement tout ce que l’on consomme. Le graal du recyclage ça serait le closed loop ; de pouvoir utiliser nos tubes pour faire des nouveaux tubes. C’est peut-être utopique, mais je pense que des choses arriveront sur le marché qui nous permettrons d’y accéder.

Alissa Demorest

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Gilles Swyngedauw, vice president marketing, innovation & sustainability

Albéa's Greenleaf tube is made from 100 % PCR material

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