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Acqua di Parma : Parfaite Imperfection

23-08-19

Acqua di Parma : Parfaite Imperfection

Laura Burdese, P-dg d’Acqua di Parma, parle de l’emballage, du développement de nouveaux produits et de l’importance du “Made in Italy” pour l’ADN de la marque.

Quelle est votre approche en matière de développement de produits?

J’aborderais cette question sous deux angles : le contenu et le contenant, c’est-à-dire le parfum, qui est notre activité principale, et l’emballage. Acqua di Parma a un peu plus de 100 ans et nous avons pratiquement la même bouteille depuis les années 1930. L’emballage secondaire de type boîte à chapeau ronde est également un élément historique de notre identité ; c’est un atout très important, tout comme notre signature jaune. Nous voulons préserver la forme de cette bouteille, l’emballage de la boîte à chapeau et la nuance spécifique du jaune. Notre développement d’emballage est donc facile car nous n’avons pas constamment à le réinventer !

En ce qui concerne les parfums, nous commençons par suivre les tendances et faire des recherches sur ce que le consommateur attend et comment, en tant que marque, nous pouvons en parler par notre signature. Nous travaillons avec François Demachy, qui conçoit nos parfums en interne avec notre équipe de développement. Chaque produit Acqua di Parma a un cycle de développement relativement long allant de 1,5 à 3 ans. Pour notre calendrier de lancement, nous ne sommes pas obligés de sortir un nombre donné de parfums chaque année et nous prenons le temps de produire quelque chose dont nous pouvons être fiers. Pour notre gamme Blu Mediterraneo, je dirais que nous introduisons un nouveau parfum tous les deux ou trois ans, pour Colonias, nos piliers institutionnels, ça pourrait être un peu plus, le dernier étant Colonia Pura, lancé en 2017.

Presque tous vos emballages sont fabriqués en Italie.

Oui, et ce n’est pas négociable ! À l’exception de certains composants, tels que les pompes, nos emballages sont 100 % italiens, fabriqués en grande majorité par nos fournisseurs à Parme ou ses environs. Nous comptons parmi nos fournisseurs le verrier Bormioli Luigi et Cavalieri & Amoretti, fabricant de nos boîtes rondes depuis plus de 60 ans. Nos étiquettes, réalisées par une petite entreprise près de Parme, sont envoyées à Cavalieri & Amoretti, où elles sont appliquées à la main. Nos bouchons en bakélite viennent également d’Italie, tout comme notre papier ainsi que nos sacs.

Parlez-nous de l’utilisation de la couleur par Acqua di Parma.

Nous venons de faire breveter notre signature jaune et notre variante spécifique de bleu et noir. Quand j’ai rejoint la société il y a quelques années, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas de brevet existant, et comme le jaune, par exemple, n’est pas un Pantone, j’ai pensé que nous devions le protéger. Nous nous lançons donc dans le développement de nos propres encres et de notre propre formule pour qu’elles correspondent au jaune historique. Auparavant, cette couleur était validée par notre directrice du développement des produits – laquelle rendait visite à nos fournisseurs pour vérifier que les couleurs étaient conformes aux cibles. Mais plus la marque se développe, plus nous avons besoin de références claires pour nos équipes. La lutte contre la contrefaçon fait bien sûr partie de cette stratégie, mais jusqu’à présent, personne n’a été capable de copier notre couleur.

Notre papier possède également un motif spécifique, une sorte de quadrillage. Le bleu, utilisé pour notre pilier Blu Mediterraneo, a également été breveté tandis que le noir – qui est en fait plus anthracite foncé – est employé sur les bouchons bakélite ainsi que le lettrage sur notre étiquette et pour le blason de la marque.

Nous avons également créé une police ; le lettrage et l’espacement ne sont pas parfaits, car aux débuts de la marque, le lettrage était fait
à la main. Ce qui est en phase avec nos valeurs “de parfaite imperfection” ! Il était important pour nous de posséder et de codifier tous les actifs de la marque.

Comment l’éco-conception s’intègre-t-elle dans le développement de vos produits ?

Dans ce domaine, LVMH a des standards très élevés, que ce soit en termes d’emballage, de produits, de distribution… De notre côté, nous sommes en train de modifier nos flacons pour les rendre toutes rechargeables ; cela a commencé avec le lancement de Pura l’année dernière lorsque nous avons intégré des pompes à vis. Nous avons également un programme de recyclage des tubes de nos amenities; ils seront collectés par l’intermédiaire des hôtels et nous seront renvoyés pour être recyclés. Nous travaillons déjà à minimiser notre empreinte carbone entre nos différents fournisseurs – une autre raison pour laquelle nous tenons tant à garder nos fournisseurs près de Parme.

Pour lire la suite de l’interview, voir le numéro 128 de Formes de Luxe.

Alissa Demorest

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Acqua di Parma : Parfaite Imperfection

© Paolo Santambrogio

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