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Lauren Collin sculpte la lumière

30/04/2019

    Lauren Collin sculpte la lumière

    Après un parcours dans les écoles d’art parisiennes et un passage au cabinet Gilles et Boissier comme architecte d’intérieur, Lauren Collin est partie d’une feuille blanche pour se réinventer.

    C’est peut-être son milieu familial qui a le plus incité Lauren Collin à se diriger vers les métiers d’art. Sa mère, artiste, lui a légué son appétence pour le dessein et la perspective, et son père, médecin, sa curiosité pour le monde naturel que, petite, elle visionnait à travers son microscope ainsi que l’attention au détail quasi chirurgicale qu’elle porte à son œuvre. Aujourd’hui, l’artiste a rencontré sa matière de prédilection, le papier, qu’elle entaille en découpes minutieuses faisant émerger des formes qui rappellent une carte topographique, « évocateur de courbes de niveaux », explique-t-elle. « Je souhaitais dessiner avec autre chose que le crayon, pouvoir travailler uniquement la matière première. En le coupant avec l’outil, le papier se révélait entre mes mains ! ». Elle travaille avec un papier d’au moins de 640 grammes et jusqu’à 850 grammes. Pour certaines de ses œuvres Lauren Collin choisit un papier provenant d’Inde du Sud, apprécié pour son aspect artisanal frappé et montrant les traces des pinces qui ont servi pour le sécher à l’air libre. « J’aime les surfaces à imperfections », explique-t-elle.

    Plutôt que d’utiliser un cutter, un outil qu’elle estime difficilement maniable, elle se sert de scalpels provenant du cabinet de son père. « J’ai senti que j’avais le bon papier et le bon outil, en soulevant les fines pellicules de la matière à la lame j’avais l’impression de faire émerger une sculpture ! ».

    La lumière prend une place prépondérante dans son œuvre. « J’irais jusqu’à dire que mon travail vit grâce à la lumière environnante. L’ombre et la lumière sont comme des outils qui permettent une lecture et créent le mouvement. Le papier sculpté me rappelle le bas relief où la notion de l’ombre est essentielle », note Lauren Collin.

    Tout a commencé avec une feuille blanche. Mais aujourd’hui l’artiste s’aventure aussi à la couleur. Elle peint le papier, blanc toujours, de coups de pinceau trempé dans une cire d’ameublement diluée qui offre des tons brillants et dorés. Elle sculpte le papier en fonction du trait pour lui donner du mouvement. « La cire dorée offre un jeu de lumière encore plus prononcé. »

    La créatrice a récemment réalisé une œuvre pour l’hôtel Four Seasons sur l’île de Lanai, à Hawaï, sa plus grande réalisation à ce jour, mesurant 2,50 mètres par 1 mètre, et qu’elle décrit comme une « pluie d’or ».

    Côté packaging, elle planche actuellement sur un projet pour une maison champenoise : l’habillage d’une bouteille de champagne, sa coiffe et son étui. Et les pistes de création à l’horizon ? « Une œuvre que j’imaginerais de A à Z en créant mon propre papier ». Un exercice qui semble bien a portée de main pour cette artiste à l’œuvre tant délicate que puissante. 

    Alissa Demorest

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