Formes de Luxe

Le magazine de l'emballage de luxe

Formes de Luxe

William Amor sublime la récup

10/07/2019

William Amor sublime la récup
William Amor

Artiste autodidacte, William Amor détourne des matériaux peu valorisés pour en faire des œuvres fleuries débordant de poésie

William Amor se décrit comme « un amoureux des fleurs depuis toujours ».
Son enfance, il l’a passée à Nancy, où il s’est inspiré du travail des artisans dans l’art nouveau où « l’empreinte de la nature se retrouve sur le bois, le verre,
la pierre »
. Dans l’idée de vivre de sa passion, William Amor se rêvait botaniste pour hybrider les fleurs. Il s’est donc lancé dans un Deug en biologie génétique, mais son enthousiasme s’est vite estompé dans le cadre scientifique, et la création l’appelait… « Arrivé à Paris, j’étais tout le temps dans la création ;
mes premières fleurs étaient en papier de soie, des coquelicots et des pavots. »
Son parcours l’a conduit vers la communication, où il s’occupait d’autres artistes et artisans d’art, avec qui il a pu échanger des savoir-faire, et a évolué dans la haute couture, milieu où l’on utilise beaucoup de fleurs en soie ; mais la matière ne lui parlait pas : « j’aime trop la légèreté et le vivant ! » C’est alors que s’est faite une rencontre inattendue avec sa matière de prédilection, le sac plastique. « Increvable, résistant, souple, transparent et capteur de lumière…
Je me suis dit, autant partir de l’existant, d’une chose dévalorisée et négligée pour créer de la noblesse dans une matière qui l’a perdue ».
Il a tourné le sac plastique dans tous les sens, testant sa réaction à la chaleur, sa transformation sous la teinture, sa façon d’être blanchi – des techniques qui subliment la matière. « Je voulais arriver à ce que ce ne soit plus la matière qui parle, mais l’esthétisme de la création ». À travers ses expériences, William Amor s’est construit un « lexique de textures » pour décrire les différents rendus dont le plissé serré, le plissé nervuré et le plissé cœur de rose.

Aujourd’hui, le créateur façonne toutes les matières délaissées, mais principalement les sacs, films et bouteilles en plastique ainsi que les packagings. Pour la création d’étamines de fleurs, il utilise les fils et cordages récupérés sur les plages, et même les mégots de cigarette. Il travaille pour les maisons de luxe et des marques de niche dans la création de décors, bijoux, parures, ornements… en petites séries ou par pièce unique. Au Landmark Mall, à Hong Kong, l’artiste a installé une cascade végétale de 13 m de haut et 25 m de circonférence à partir de déchets locaux.

L’idée « dentreprise vertueuse » fait partie intégrante de son approche, et pas juste dans les matériaux utilisés. Il a ainsi mis en place un programme de formation aux gestes de l’atelier avec des personnes handicapées psychiques de la Fondation Franco-britannique de Sillery.

Et cette année s’annonce riche : l’atelier s’installe dans de nouveaux locaux parisiens (10e arr.), et pour le salon Révélations fin mai à Paris, William Amor a proposé une œuvre suspendue composée de centaines de pétales plissés.
De plus, dans le cadre de l’évènement Hors les Murs du salon, Manière Matière, une vente est organisée à Drouot avec trois de ses œuvres. Une floraison dynamique ! 

Alissa Demorest

Formes de Luxe
1 /

William Amor sublime la récup

© William Amor

© Matthieu Gauchet William Amor

© William Amor

© William Amor

© William Amor

L'actualité formes de luxe

ABONNEZ-VOUS À Formes de Luxe

JE M'ABONNE
mars 2019 - N°129 mai 2019 - N°130 juillet 2019 - N°131