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Jule Waibel : Prendre le pli

22/02/2019

Jule Waibel : Prendre le pli

L’artiste berlinoise Jule Waibel atteint de nouveaux sommets dans son art du pliage en expérimentant avec des matériaux traditionnels – papier et tissu – ainsi que d’autres bien plus inattendues.

Jule Waibel affirme que si sa formation en design l’a aidée à acquérir de solides bases dans son métier – un BA en design industriel obtenu en Allemagne, suivi d’un masters en design produit au Royal College of Art of  London –, elle aspirait à trouver son propre style. « Le jour où l’un de mes professeurs m’a dit qu’il était possible de créer des choses purement esthétiques et qui ne devaient pas nécessairement avoir une fonction qui change la vie, j’ai appris à lâcher prise », se souvient l’artiste berlinoise. Son initiation à l’art du plissé s’est faite en deuxième année de maîtrise, à travers un travail basé sur l’idée du “minimum/maximum”. « Cela m’a amenée à réfléchir sur l’idée de la contraction et de l’expansion, et le pliage en était le prolongement logique. Je voulais créer un récipient dont la forme était déterminée par un motif de pli ; en le remplissant d’eau, il se dilaterait et sans eau se rétracterait. J’ai joué avec beaucoup de matériaux : rideaux de douche, plastiques, néoprène, tissus divers. » Cela a marqué le début de ce que Jule Waibel définit comme son approche « fold/unfold ». Son projet de diplôme, baptisé “Un hommage au pli”, comprenait trois pièces – robe, sac et parapluie –qui incarnaient l’idée de la transformation, de l’espace et de l’esthétique.

Le pliage fait en général penser au papier et au tissu. Mais Jule Waibel utilise aussi ses moules, faits d’un type spécifique de carton, et sa boîte à vapeur, pour façonner et donner l’effet plissé, pour des matériaux peu orthodoxes : le Tyvek, une fibre synthétique non tissée et le feutre et l’acrylique, entre autres. Elle a également travaillé la céramique, qu’elle a coulée par glissement. « Le matériau est toujours le point de départ de chacune de mes pièces. J’adore travailler les tissus, le cuir, et bien sûr le papier, qui lui se comporte le mieux quand il s’agit de pliage », ajoute-t-elle. Côté papier, l’artiste collabore avec Stora Enso depuis deux ans sur sa campagne Ensocoat ; elle a fabriqué des robes, des sacs à main et des packagings, et dirige aussi des ateliers interactifs lors de salons pour démontrer le potentiel du carton du fabricant finlandais.

Aujourd’hui, Jule Waibel travaille sur un projet de design d’intérieur à Bali, où une variété d’articles mettent en valeur sa marque unique : des divans et des coussins, une table en bois (qui semble pliée, mais qui est en fait jointe), et même un studio d’enregistrement qu’elle insonorise avec du feutre…

L’artiste envisage l’évolution de son travail en parallèle avec l’émergence de matériaux peu conventionnels – la fibre de lait, la fibre d’ananas, les produits « upcyclés » ainsi que les matériaux recyclés – ou bien ceux qui lui sont nouveaux, comme le verre. « Les possibilités sont infinies compte tenu de la richesse des matériaux disponibles », s’enthousiasme-t-elle. Ils attendent juste de prendre le pli ! 

Alissa Demorest

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