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Elisabetta Bonuccelli, la beauté du détail

12/12/2018

    Elisabetta Bonuccelli, la beauté du détail
    Photographer: Roberto Tavazzani

    Contrairement aux origamistes traditionnels, Elisabetta Bonuccelli n’est parvenue à cette technique que tard dans son parcours. « J’ai eu plusieurs vies, avant de m’intéresser à l’origami. J’ai tout d’abord étudié le dessin industriel, mais j’ai fini par travailler dans différents domaines aussi variés que le secteur médical et l’industrie du disque, explique l’artiste, installée à Milan. Lors d’une visite au Japon en 2007, je suis tombée amoureuse de la culture esthétique du pays. L’origami, bien sûr, en était le centre et j’ai commencé à étudier avec un maître origamiste en Italie. Lorsque j’ai perdu mon travail, ça a été un point important et j’ai décidé de me tourner vers une carrière professionnelle dans l’origami en fondant @Unokostudio. » Sur le plan stylistique, il existe deux écoles d’origami : l’une qui reproduit “le monde réel”, avec ses pliages de fleurs et d’animaux, et l’autre qui transpose une vision plus abstraite. Esthétiquement, Elisabetta Bonuccelli appartient à la seconde. « Les formes très complexes ne m’attirent pas ; je n’ai pas le désir d’imiter ce qui m’entoure. Je préfère l’esthétique minimaliste qui prend des formes géométriques simples  », confie-t-elle. Pour elle, ces dernières sont grandement inspirées de la tessellation ou la répétition de motifs, un style qui trouve son origine dans l’art islamique. La série PortaLuppi, qui est l’interprétation de l’artiste d’un ensemble de portes métalliques ornant la Villa Necchi Campiglio de Piero Portaluppi à Milan, a été créée à partir de papier peau d’éléphant de Zanders 110 g, travaillé selon la technique du pliage humide et inspiré par ces anciens procédés de décor.

    Elisabetta Bonuccelli aime travailler le papier de Zanders, ainsi que les supports de chez Fedregoni, Cordenons (la collection StarDream) ou les papiers métallisés ICMA, dont les Sartorial Papers, qu’elle a utilisés pour sa série The Blood of a Poet en couleur cuivre 110 g. « Ce papier est adapté à de nombreux usages : gaufrage, origami traditionnel, ondu­lation, tessellation… Et il rappelle aussi les paravents japonais sur lesquels des feuilles d’or étaient appliquées. » Les pièces de The Blood of a Poet, composées de papier washi japonais, ont été le premier essai d’Elisabetta Bonuccelli avec les encres japonaises, qu’elle applique désormais sur certaines de ses œuvres. « Je suis arrivée à un point dans ma vie où j’ai besoin de m’exprimer à travers les mots. Comme je ne suis pas écrivain, j’utilise l’encre et l’origami. C’est ma manière d’écrire un livre ! » Événements spéciaux ou décor de vitrines, l’essentiel du travail commercial de l’artiste est destiné aux marques de luxe et aux agences de communication pour lesquelles elle crée des pièces. En octobre prochain, Elisabetta Bonuccelli exposera au Living Hub du Luxe Pack de Monaco, avant de participer à une exposition au musée Spazio Padini, aux côtés d’autres origamistes italiens.

    Alissa Demorest

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    Elisabetta Bonuccelli, la beauté du détail

    © Photographer: Roberto Tavazzani

    © Photographer: Roberto Tavazzani La Meringata della Zia

    © Photographer: Roberto Tavazzani La Meringata della Zia

    © Photographer: Roberto Tavazzani Porta Luppi

    © Photographer: Roberto Tavazzani Elisabetta Bonuccelli

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