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L’anti-contrefaçon passe par le sensoriel

L’anti-contrefaçon passe par le sensoriel

La sophistication des produits contrefaits mène aussi à une sophistication des méthodes pour les contrer. L’Institut Carnot MINES, groupement des laboratoires de recherche des écoles des Mines en France, a développé une plateforme portée par la filiale mode et luxe, avec pour but de lutter contre les produits de luxe contrefaits ainsi que leur packaging avec des procédés non-invasifs. Hélène Garay, docteur à l’IMT Mines-Alès, décrypte le projet.

Quels sont vos axes de travail ?

Notre pôle de recherche travaille sur l’interaction entre les matériaux et leur environnement en proposant des outils non destructifs et non-invasifs pour des contrefaçons extrêmement fines à distinguer.

Nous partons sur deux axes : les propriétés sensorielles des matériaux, leur aspect visuel, tactile et olfactif. Visuellement, il s’agit de propriétés bien
au-delà de simplement détecter la couleur et, pour le toucher, nous pouvons scruter l’état de surface d’un matériau à des dimensions très fines, de l’ordre de quelques nanomètres.

Le deuxième axe concerne l’émission de composés organiques volatiles des matériaux, sachant que ces propriétés peuvent créer des signatures spécifiques. Un cuir, par exemple, va donner une signature sensorielle qui sera probablement très différente de part de son origine.

Nous pensons qu’avec l’ensemble de ces données visuelles, tactiles et olfactives, il est possible de produire une empreinte caractéristique propre à chaque matériau ; ce qui permettra de pouvoir détecter des contrefaçons.

Un exemple concret ?

Un sac à main en cuir va avoir sa propre signature olfactive. Pour la capter, il sera mis dans un espace fermé où on laisse un équilibre se former entre le sac et l’air ambiant. On vient prélever l’air qui s’est chargé des molécules émises par le sac à l’aide d’une fibre. Ensuite, on sera en mesure de traiter le grainage du cuir ou l’état de surface du matériau. On va combiner toutes ces informations. Évidemment, il faut tester plusieurs sacs pour voir s’ils se groupent vis à vis des caractérisations. Face à cela, l’objet contrefait va se distinguer.

Ces outils prennent quelle forme ?

Il s’agit de machines de laboratoires qui varient en fonction de ce que l’on cherche à caractériser. Il peut y avoir des éléments mobiles, mais tout va dépendre du degré de précision recherché. S’agissant de l’industrie du luxe on estime pouvoir prendre plus de temps pour faire les recherches vu qu’il s’agit de produits à très haute valeur.

Où en êtes-vous sur des projets concrets ?

Pour l’instant, la plateforme a été imaginée et on est opérationnels sur certaines techniques. Nous devons développer d’autres choses, notamment sur la combinaison des données afin d’établir une signature pour chaque famille de produit.

Voir notre dossier sur la contrefaçon dans le prochain numéro de Formes de Luxe en janvier 2019.

Alissa Demorest

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